Partager l'article ! Christophe Conte "lettre ouverte à Stéphane Hessel": Moi qui n'ai jamais aimé Stéphane Hessel, ce vieillard boosté en première l ...
Moi qui n'ai jamais aimé Stéphane Hessel, ce vieillard boosté en première ligne par une actualité en mal de mythes vivants (ou presque eu égard à l'âge du monsieur) quelle n'a été ma satisfaction de découvrir que je n'étais pas la seule dans ce cas et que la méfiance que m'inspirait le personnage était (peut-être) justifiée.
Dès le départ les mines du bonhomme, très affectées, trop affectées pour être sincères, son air bonhomme de grand-père des peuples, sa façon docte d'exprimer des poncifs vieux comme l'Humanité, un je ne sais quoi dans ce type, tout celà me hérissait le poil et bien sûr j'en avais presque honte, vu tout le bien que l'on disait de lui d'un média à l'autre ... et si j'étais devenue une vieille baderne aigrie, incapable de s'émerveiller et de reconnaître un grand homme quand j'en voyais un ?
Ouf ! Grand OUF ! La "lettre ouverte" de Christophe Conte, découverte au hasard de mes pérégrinations sur la Toile me rassure. Sthéphane Hessel n'est pas un monsieur si honorable qu'on veut nous le faire croire et que lui-même tente de nous faire croire. Stéphane Hessel n'a, semble-t-il, de "vénérable" que son âge... pour le reste ...
Les déclarations faite par Hessel à un journal allemand ne rendent que plus étonnants ce que sa biographie raconte de sa vie et surtout de ses années de guerre. Où est la
vérité ?
Est-il injuste de penser que Stéphane Hessel est une imposture, un leurre offert à une jeunesse éperdue à laquelle on vole son avenir et qui n'a pas la chance d'avoir un Martin Luther King, un Gandhi, ou un Tche comme guide ?
Christophe Conte
"Cher Stéphane Hessel,
Un entretien que tu donnas l’an dernier à un journal allemand a resurgi ces jours-ci sur la toile grâce à un chercheur éberlué comme moi par le regard que tu portais, ô toi l’incontestable héros de la Résistance, sur l’occupation nazie. Je te cite : “Il était permis à Paris de jouer des pièces de Jean-Paul Sartre ou d’écouter Juliette Gréco…” Cette dernière, dont la mère et la soeur furent déportées à Ravensbrück, qui joua plusieurs années à cache-cache avec la Gestapo et qui ne commença à chanter qu’après la Libération, appréciera sans doute l’anachronisme. Mais passons, tu dois confondre avec Tino Rossi.
Malheureusement, la suite est moins drôle : “L’occupation allemande, dis-tu, était si on la compare par exemple avec l’occupation actuelle de la Palestine par les Israéliens, une occupation relativement inoffensive, abstraction faite d’éléments d’exception comme les incarcérations, les internements et les exécutions, ainsi que le vol d’oeuvres d’art.” Abstraction faite, donc, de ces quelques “détails” de l’histoire, comme dirait celui qui trouvait lui aussi que l’occupation nazie n’avait pas été si “inhumaine”, on en conclura que toute cette affaire était plus proche de La Grande Vadrouille que des récits considérés habituellement comme plus fiables. Après tout, on n’était pas nés, papy, raconte-nous encore de belles histoires de l’occupant si coolos. Au Vél’ d’Hiv, dis, c’est un critérium “inoffensif” qui se disputait ? Un concert de Juliette Gréco, peut-être ? Et l’étoile jaune, c’était juste un accessoire fashion ? T’as coulé une bielle ou quoi ? C’est l’arrêt de Derrick qui t’a chamboulé la mémoire ? La canicule, peut-être ? Tu veux un brumisateur ?
Ton best-seller planétaire, Indignez-vous !, bréviaire contemporain de la bonne conscience Oui-Oui, est vendu seulement trois euros. Tes souvenirs embrumés, quant à eux, ne valent pas deux balles.
Je t’embrasse pas, je vais m’instruire en matant Papy fait de la résistance."
Christophe Conte
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