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Claude DROCOURT, engagé depuis toujours dans la lutte contre
la corrida et la fermeture des écoles taurines, était à la manifestation, organisée par les anti corrida à Collioure devant les arènes où devait avoir lieu la torture et
le massacre sanglant de quelques six jeunes malheureux taureaux.
Claude DROCOURT nous livre avec talent et en quelques
lignes, les rencontres, discussions et réflexions qui ont émaillés cette journée, où la cruauté était au centre de "festivités".
Il y a longtemps, très longtemps, la fête de COLLIOURE était une grande fête religieuse, au cours de laquelle les villageois honoraient leur saint
patron et protecteur St
VINCENT.
Au fil du temps, le mercantilisme a
transformé cette touchante fête religieuse en une fête païenne abjecte, ajoutant le blasphème à la cruauté...
... on n'arrête pas le progrès !
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"La corrida : notre exception culturelle du
Sud ?"
par Claude DROCOURT
Nous sommes refermés sur nous-mêmes, en difficulté de nous renouveler et de nous ouvrir a de nouvelles
idées. L’incertitude sur nos convictions traditionnelles de démocratie, de religions, etc. laisse la place chez certains à des emballements pour telle ou telle forme de société, de théories, de
divertissements. Dans ce climat de peur (chômage, injustices, agressions,…) ce qui a tendance à compter, c’est la Foule. On n’a pas besoin d’y réfléchir. On suit !
On suit, comme tous ces gens qui venaient hier, d’un pas pesant, voir la novillada de Collioure. Beaucoup baissaient les yeux quand ils lisaient sur mon tee-shirt « Corrida, NON »,
comme s’ils étaient là malgré eux, comme si déjà ils savaient qu’ils ne trouveraient aucune joie dans ce spectacle morbide qui consiste à torturer et tuer 6 jeunes taureaux. La fanfare et la
musique de foire qui signalait le début du massacre renforçaient l’impression d’une farce pitoyable.
A-t-on donc aussi peu de cœur au ventre que ce soit là qu’on trouve notre plaisir, notre bonheur d’être avec d’autres, notre passe-temps de vacances ?
Dans cette cité, dont le prestige est amoindri aux yeux de beaucoup par ce spectacle, avec quelques compagnons révoltés aussi par cette boucherie nous avons voulu dire que la foule (très
moyenne !) n’a pas toujours raison, que la vie animale doit être respectée comme la notre (Même si nous la mangeons encore -et de moins en moins- par nécessité) et, que les enfants
n’ont pas besoin de cet exemple supplémentaire de violence.
Avec ces gens tristes, quelques dames fières dans leurs belles voitures, quelques hommes âgés arrogants, et plusieurs intéressés par notre protestation, applaudissant ou discutant.
Une ancienne épouse d’un torero m’a confié comment elle avait réalisé peu à peu que cette tauromachie n’était pas digne de l’homme. Elle est même devenue végétarienne ! Un monsieur,
philosophe, craignait qu’en reconnaissant des droits à l’animal, on ne distingue plus assez l’homme de lui. Je lui ai dit que je pensais qu’ils étaient des vivants tous les deux et qu’ils avaient
donc chacun, même s’ils étaient différents, le droit de vivre libre.
Les hommes, qui ont bien sûr d’autres soucis, garderont sans doute de l’admiration pour le taureau, symbole de force, mais supprimeront un jour prochain cette cruauté envers lui, persuadés que sa
vie nous est aussi précieuse. Ou, ils retourneront à la préhistoire de la civilisation ! Ou peut-être la Terre se vengera de l’homme importun qui n’a rien compris à la Vie en l’éliminant de
sa surface !
photo de la plage de Collioure
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